Délégationde l’Hérault

Crise sanitaire

Un texte pour la réflexion, le recueillement, le ressourcement.

En ce mois de mars, alors que la pandémie du Coronavirus change nos vies, nous avons besoin de rythmer notre temps de confinement.

Nous devons trouver un temps pour tout, un temps pour s’informer, mais aussi pour éteindre nos télés et nos radios, un temps pour travailler, et un temps pour se reposer, un temps pour appeler ceux pour qui nous sommes peut-être inquiets, un temps pour prendre soin de soi, un temps pour manger, un temps pour le carême, mais aussi un temps pour la réflexion, le recueillement, le ressourcement. Nous vous proposons ce texte qui nous y invite.

Un texte pour la réflexion, le recueillement, le ressourcement.

«  Lettre d’Italie à Christine, ma fille bien aimée

C’était le 11 mars 2020, les rues étaient vides, les magasins étaient fermés, les gens ne sortaient plus.

Mais le printemps ne savait rien.

Et les fleurs ont continué à fleurir, Et le soleil a continué à briller, Et les hirondelles sont revenues, Et le ciel est devenu rose et bleu... Le matin, le pain était pétri et les beignets cuits. Il faisait sombre de plus en plus tard, et le matin les lumières entraient tôt par les fenêtres entrouvertes.

C’était le 11 mars 2020, les écoliers étudiaient connectés sur Gsuite « Ma scolarité »

L’après-midi, l’incontournable rendez-vous à Tressette (jeu de cartes italien...) C’était l’année où l’on ne pouvait sortir que pour acheter de la nourriture.. Après, ils ont tout arrêté, les bureaux aussi L’armée a commencé à contrôler les sorties et les frontières... Parce qu’il n’y avait plus de place pour tout le monde dans les hôpitaux Et les gens tombaient malades.

Mais le printemps ne le savait pas et les bourgeons continuaient à sortir.

C’était le 11 mars 2020, tout le monde fut placé en quarantaine obligatoire... Les grands-parents, les familles et aussi les jeunes. Puis, la peur est devenue réelle, Et les journées se ressemblaient toutes.

Mais le printemps ne le savait pas et les roses recommencèrent à fleurir.

Fut découvert le plaisir de manger tous ensemble, Écrire en laissant libre cours à l’imagination, Lire en volant avec la créativité. Certains apprirent une nouvelle langue, D’autres commencèrent à étudier, D’autres encore réalisèrent qu’ils aimaient vraiment ceux dont ils étaient séparés, D’autres encore cessèrent d’accepter l’ignorance, D’autres encore fermèrent leur entreprise pour ouvrir un resto à huit couverts D’autres encore quittèrent leur copine pour crier au monde leur amour pour leur meilleur ami, D’autres encore devinrent médecins pour aider tous ceux qui en auraient eu besoin à l’avenir. C’était l’année où l’importance de la santé et de l’affection réelle fut comprise L’année où le monde semblait s’arrêter Et l’économie s’effondrer.

Mais le printemps ne le savait pas et les fleurs laissaient la place aux fruits

Et puis vint le jour de la libération. Nous étions collés à la télévision et le Premier ministre a déclaré aux chaînes unifiées que l’urgence était passée. Et que le virus avait perdu Que les Italiens avaient gagné tous ensemble. Et puis, nous sommes sortis dans la rue Les larmes aux yeux, sans masques ni gants. On embrassait notre voisin comme s’il était notre frère. Et c’est là, que l’été est arrivé. Parce que le printemps ne le savait pas, Et il avait continué à être là, néanmoins, Malgré le virus ; malgré la crainte ; malgré la mort Parce que le printemps ne le savait pas , et il a appris à tout le monde le pouvoir de la vie.  »

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