Délégationde l’Hérault

À la mémoire des morts de la rue

En attendant la célébration, une prière

À Montpellier, la célébration à la mémoire des morts de la rue a été reportée. Nous vous confions une prière à l’intention des trente-huit personnes recensées en Occitanie par le collectif en douze mois.

En attendant la célébration, une prière

publié en novembre 2020

Prévue cette année, mercredi 4 novembre 2020, dans les locaux de la Halte solidarité, lieu où les personnes sans domicile trouvent un moment de répit, . le re-confinement nous a obligés à reporter cette célébration. Mais avec tous les défunts que nous portons dans notre prière, nous sommes invités à ne pas oublier ces personnes mortes dans la rue ou des conséquences de la vie dans la rue.

De juin 2019 à juin 2020, trente-huit personnes ont été recensées par le collectif Les Morts de la rue, en Occitanie ! Vous trouverez leurs noms : liste morts de la rue fin 2019 début 2020 occitanie .

Voici une prière pour ceux qui sont morts dans la rue :

« Un homme qui jadis a été enfant, un homme qui a gambadé, batifolé,

qui a goûté à la beauté rajeunissante du printemps, à la chaleur de l’été,

à la blancheur silencieuse de la neige en hiver, à l’explosion des couleurs de l’automne…

.

Un homme qui a senti son corps grandir, se fortifier, se muscler,

qui a éprouvé son embrasement, qui a pu peser de son poids…

Un homme qui a travaillé, rencontré, aimé, qui s’est uni à une autre, qui a même eu des enfants …

.

Et puis un jour, tout a dévissé, l’épreuve a été trop lourde,

il n’a plus pu faire face, une fissure intime s’est développée,

il a quitté ou il a été quitté par son existence, tout s’est effrité, plus rien n’a tenu…

.

Et il s’est retrouvé dans un nouvel univers, jeté dans un monde inconnu,

celui du froid, celui de la nuit, celui où l’on perd tout.

Restent l’alcool, la violence, une vie sans logis, sans papier, sans rien,

une vie où l’horizon c’est la paire d’heures qui vient…

.

Une vie qui s’est éteinte en fin de nuit, au plus profond du froid,

lorsque ceux qui ont un logis commencent tout juste à sortir de chez eux…

.

Et il a été retrouvé là, dur, anonyme, absent, muet, il a été enterré, il n’est plus…

Et pourtant il est enfant de Dieu…

.

Et il y a tant de gens qui errent ainsi en nos villes,

nos villes où nous allons d’un pas pressé vers nos activités, nos petits soucis…

Ô Seigneur prend pitié d’eux, prends pitié de nous, la fraternité s’épuise dans la grande ville

où nous savons que nous pouvons tomber, dévisser… et où nous sommes tous craintifs, anxieux…

Seigneur, rend nous frères les uns des autres… »

.

Père Jean-Luc Fabre

Imprimer cette page

Faites un don en ligne